J’ai faim, je mange – Quand la photographie devient un acte de liberté

Il existe des gestes si simples, si naturels, qu’ils devraient être accueillis sans question, sans regard curieux ni jugement silencieux. Nourrir un enfant en fait partie. Et pourtant, dans l’espace public, ce geste d’amour – qu’il soit fait au sein ou au biberon – est parfois encore imprégné d’injonctions et de regards pesants. C’est pour cela qu’est né le mouvement J’ai faim, je mange ! Une initiative de photographes qui célèbre la liberté des parents de nourrir leurs enfants sans honte et sans contrainte.


J’ai faim, je mange ! est un mouvement créé au printemps 2021 à Bordeaux, à l’initiative de la photographe Ana Kï, avec un objectif clair : normaliser l’allaitement et toutes les façons d’alimenter nos enfants dans l’espace public. Il ne s’agit pas simplement de photographie, mais bien d’un moment artistique, familial et bienveillant qui dit sans détour : nourrir son enfant est un droit, pas une gêne.
Chaque année, dans plusieurs villes de France et même à l’étranger, des rassemblements sont organisés. Des parents, bébés et enfants se réunissent, se retrouvent pour un goûter, des échanges et une grande photo collective. L’idée est de créer des images fortes, humaines et sincères, où – quelques instants capturés par un objectif – viennent rappeler à tout le monde que nourrir un enfant, quel que soit le mode choisi, est un geste d’amour universel.

Texte de Mélissa Chilloux Photographie
Pourquoi ce mouvement me touche si profondément
En tant que photographe, je suis convaincue que l’image a un pouvoir puissant. Elle peut raconter, apaiser, valoriser… ou libérer. Mais c’est aussi en tant que maman que ce mouvement résonne en moi avec une force particulière.
J’ai allaité mes deux enfants pendant de longues années : 5 ans pour Jules, et en écrivant cet article je suis presqu’à 4 ans pour Augustin. Ces allaitements ont été des aventures intimes, des moments de connexion intense, parfois pleins de joie, parfois chargés d’injonctions, de regards… et d’un besoin profond de confiance en soi. Être maman, c’est parfois apprendre à faire taire les voix extérieures.
Cette article était un peu plus personnel, finalement est-ce que ce n’est pas aussi ça le but d’un blog, partager mes valeurs et ce en quoi je crois.



